(Janvier - décembre 2006)
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Dans plusieurs pays, notamment en Espagne, en Russie, en Turquie et au Royaume-Uni, des attentats perpétrés contre des civils ont causé la mort de plusieurs personnes et fait de nombreux blessés. Des gouvernements ont continué de bafouer les droits humains au nom de la sécurité, notamment par le biais de mesures portant atteinte à l’interdiction universelle et absolue de la torture et des autres mauvais traitements.
Les séquelles des conflits antérieurs se faisaient toujours sentir, y compris à travers l’impunité dont bénéficiaient les auteurs des crimes commis durant ces périodes. Chypre restait une île divisée. Aucune avancée notable n’a été enregistrée dans la résolution du statut des entités de la région non reconnues par la communauté internationale et situées à l’intérieur des frontières de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la Moldavie, mais en dehors du contrôle effectif de ces États. Des mesures ont toutefois été prises afin d’ouvrir des négociations sur le statut définitif du Kosovo.
De nombreux pays attiraient des migrants qui cherchaient à fuir la pauvreté, la persécution ou les violences. Le fait que l’asile constitue essentiellement une question de protection des droits humains n’était quasiment pas pris en compte au regard des pressions politiques visant à lutter contre l’«immigration illégale» ou à privilégier les «problèmes de sécurité». Au mépris de leurs obligations internationales, certains États ont arrêté illégalement des demandeurs d’asile et procédé à des expulsions sans respecter la procédure prévue par la loi, notamment en renvoyant des étrangers sollicitant une protection vers des pays où ils risquaient de nouvelles violations de leurs droits fondamentaux. Les demandeurs d’asile, les immigrés et les minorités figuraient, comme les années précédentes, parmi les personnes en butte au racisme et à la discrimination dans l’ensemble de la région.
Tandis que, dans certains États, le processus d’adhésion à l’Union européenne continuait à encourager les progrès en matière de droits humains, l’Union n’avait toujours, au plan institutionnel, qu’une conception minimaliste de son rôle en matière de défense de ces droits. L’adoption du Traité constitutionnel européen, qui intégrait notamment la Charte des droits fondamentaux, s’est enlisée après que, dans deux États membres, la majorité des électeurs eut rejeté le texte. L’agence des droits fondamentaux proposée par l’Union européenne représentait une étape importante pour combattre l’autosatisfaction dont faisait preuve l’Union en matière de respect des droits humains à l’intérieur de ses propres frontières, mais elle adoptait malheureusement une approche limitée et peu systématique – les violations commises par les États membres se situaient en effet en grande partie en dehors de son domaine de compétence.
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